L'élevage de Caridina multidentata

Citation : IntroductionLa crevette Caridina Japonica est couramment importée et proposée à la vente dans les magasins aquariophiles. La littérature la décrit comme une espèce "difficile à reproduire", se born...

Catégorie de l'article: Crustacés



Introduction


La crevette Caridina Japonica est couramment importée et proposée à la vente dans les magasins aquariophiles. La littérature la décrit comme une espèce "difficile à reproduire", se bornant le plus souvent à évoquer rapidement son cycle reproductif passant par une phase marine, et donnant parfois des renseignements éronnés notamment sur le degré de salinité de l'eau nécessaire au développement des larves.





La crevette Caridina Japonica est couramment importée et proposée à la vente dans les magasins aquariophiles. La littérature la décrit comme une espèce "difficile à reproduire", se bornant le plus souvent à évoquer rapidement son cycle reproductif passant par une phase marine, et donnant parfois des renseignements éronnés notamment sur le degré de salinité de l'eau nécessaire au développement des larves. Il est indispensable pour mener à bien une reproduction de respecter le cycle biologique de Caridina Japonica dans son milieu naturel et d'essayer de le reproduire au mieux.
La reproduction de Caridina Japonica n'a, en fait, rien de particulièrement compliqué. Il suffit pour la réussir de respecter les étapes indispensables au développement des larves, d'apporter le soin nécessaire au maintien de bonnes conditions d'hygiène et d'une qualité d'eau constante surtout en matière de salinité, et d'apporter la nourriture adaptée à chaque stade du développement.

La ponte :


Les femelles du bac principal portent fréquemment des oeufs sous leur "queue". Il faut sélectionner une femelle portant des oeufs et l'isoler dans le bac de ponte (à gauche sur la photo). Ce bac est simplement rempli avec de l'eau du bac d'origine, il est maintenu autour de 26°C, principalement pour éviter à la crevette déplacée de subir un choc thermique.
Après quelques jours, ce délai étant variable selon le degré de maturation des oeufs portés par la femelle, la ponte intervient apparemment de nuit. La femelle ne pond pas ses oeufs, mais expulse des petites larves qui flottent entre deux eaux et se déplacent par des mouvements vifs et saccadés.
La littérature est assez vague sur le nombre de larves libérées, je l'évaluerais entre cent et deux cents. Le site "Caridina Japonica Online" (voir lien en fin d'article), l'estime une ponte autour de 500 larves.
Ces larves peuvent rester environ 5 à 6 jours en eau douce, avant d'être transfèrées dans un bac d'eau de mer reconstituée, avec une salinité de 33 à 34 gr/litre. Ce bac (à droite sur la photo), doit être préparé au moins dix jours avant la ponte.
L'eau de mer est brassée à l'aide d'une pompe à air et d'un diffuseur, elle n'est pas chauffée mais reste à température ambiante, aux environs de 20°C. Ce bac est ensemencé avec une souche d'algues microscopiques (ici Dunalliela Salina, souches disponibles sur le site Aqualiment.com ), et d'une ou deux gouttes d'engrais "plantes vertes". Le bac est éclairé 12 heures par jour avec une réglette fluo de 11W, et au bout de plusieurs jours, l'algue a rendu l'eau verte et opaque.




Passage en eau de mer :


Les larves sont capturées en eau douce après 5 à 6 jours, j'ai utilisé pour ce faire un tamis à artemia, il est également possible d'utiliser une pipette à l'ouverture assez large. Contrairement à ce qu'on lit souvent, il s'avère inutile de respecter une période de transition. Les larves peuvent passer directement en eau de mer, sans pertes.
A partir de là, plus grand chose à faire. Les algues vont continuer à se multiplier, et serviront de nourriture aux larves tout au long de leur croissance.
Au bout de 20 à 25 jours, les larves se transforment en jeunes crevettes. Il est très facile de les reconnaître puisque les larves se déplacent tête en bas par mouvements saccadés, vers l'arrière, et en pleine eau, alors que les crevettes juvéniles se déplacent vite et vers l'avant, soit sur les vitres, soit en pleine eau, comme le font les adultes.
Il est alors temps pour les jeunes de regagner leur rivière d'origine...


De retour en eau douce :


Contrairement au passage en eau de mer, le passage en eau douce semble plus délicat. Il ne faut pas faire passer en eau douce une larve qui n'aurait pas terminé sa transformation, elle en mourrait. De même, une larve une fois transformée ne peut survivre longtemps en eau de mer. Les transferts doivent donc se faire individuellement, au fur et à mesure des métamorphoses.
Le plus difficile est d'attraper les jeunes crevettes, sans attraper de larves. L'épuisette ne convenant pas, j'ai utilisé une pipette pour aspirer les jeunes formées et les déplacer dans les gobelets.
J'ai utilisé des gobelets en plastique de 20 cl pour "désaler" l'eau : les jeunes crevettes sont placées dans le gobelet rempli aux 2/3 avec de l'eau de mer "verte".
On change 50% du volume chaque jour avec de l'eau douce, et après 5 jours et 5 changements d'eau, on peut verser le contenu du gobelet dans le bac de croissance.

Conclusion


La croissance des jeunes est rapide : à un mois, elles mesurent déjà plus d'1 cm et ressemblent aux adultes physiquement et par leur comportement. Les mues se succèdent et il n'est pas rare de trouver plusieurs exuvies par jour au fonds du bac pendant les premières semaines de croissance.

A suivre...

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Article réalisé par le , modifié le 07 Octobre 2005.

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