Pêche en eau profonde

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Nicolas
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Pêche en eau profonde

Message par Nicolas » 06 août 2014, 10:54

https://www.aquariophilie.org/images/Mo ... ogfish.jpgL'expression "pêche en eaux profondes" désigne toutes les formes de pêche exploitant les eaux profondes ou les grands fonds marins. La technique utilisé est essentiellement le chalut.

Selon le comité des pêches de l'ONU "tout ce que remontent les engins de pêche (en eau profonde) inclut des espèces qui ne peuvent supporter que des taux d'exploitation de faible intensité". Cette pêche nécessite donc une gestion et un suivi particulier, rendus difficiles par la grande profondeur où opèrent les engins.

La France accusée d'avoir menti
La France a-t-elle ignoré délibérément ses propres données scientifiques pour s'opposer au projet européen d'interdiction de la pêche en eau profonde ? Huit organisations non gouvernementales posent la question dans un communiqué rendu public mardi 8 juillet 2014, en s'appuyant sur deux rapports inédits de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

En exigeant la publication des données, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a mis fin au règne de l'opacité et permis des révélations d'envergure.

Selon les ONG – dont Bloom, Greenpeace, le WWF ou encore la Fondation GoodPlanet –, les données de l'Ifremer sur la pêche profonde montrent que les dégâts environnementaux du chalutage profond sont aussi considérables que le nombre d'emplois dépendant de cette activité est faible.

Le document confirme ce que les ONG soupçonnaient : le gouvernement et l'administration ont masqué la réalité des faits, y compris devant la représentation nationale, en affirmant que les navires qui seraient affectés par le règlement étaient "en nombre très important".

Les tonnages débarqués par la pêche en eau profonde représentent à peine 1 % de la pêche française. "En 2012, seuls 12 chalutiers français fréquentaient des profondeurs de plus de 600 m plus de 10 % de leur temps. Et seulement 10 navires ont opéré à plus de 800 m plus de 10 % de leur temps", avancent les ONG. "Le nombre de navires ayant une activité au chalutage de fond en eau profonde est faible, conclut ainsi le rapport de l'Ifremer, cité par les ONG.

Il faut ajouter à cela qu'Intermarché a annoncé en janvier 2014 que ses six chalutiers spécialisés en espèces profondes ne traineraient plus leurs filets au-delà de 800 mètres de profondeur à partir de 2015. L'engagement de l'enseigne s'étend en outre aux trois chalutiers rachetés à Dhellemmes en juin 2014 qui disposent d'un permis de pêche pour les espèces profondes. Cela signifie que si l'interdiction du chalutage profond intervenait aujourd'hui à partir de 800 mètres de profondeur, seul un navire français serait concerné par la réglementation.

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Et ce n'est pas tout. Les données révèlent également la face noire de la pêche profonde au chalut. Les ONG réclamaient depuis 2009 des informations détaillées sur les espèces capturées par les chalutiers. Maintenant que les données d'observateurs sont enfin publiques, les ONG comprennent pourquoi elles ont été si longtemps masquées.
Il apparaît que des espèces menacées d'extinction figurent parmi les prises accessoires les plus importantes des chalutiers français ! En 2012, les requins profonds représentent ainsi près de 6% des captures totales des chalutiers profonds français et plus de 30% des rejets totaux. Sur les 13 espèces de requins pour lesquelles des données sont disponibles, 11 ont un statut UICN qui les place dans une zone à risque d'extinction.

"Les informations agrégées par l'Ifremer prouvent que les élus socialistes de Bretagne ou du Nord Pas-de‐ Calais, à commencer par le secrétaire d'État à la pêche Frédéric Cuvillier, ont menti en martelant que l'interdiction du chalutage profond aurait « de très lourdes conséquences socio-économiques ». C'est faux. Aujourd'hui, Frédéric Cuvillier défend l'activité d'un seul bateau. Et encore, celui-ci ne pêche en profondeur qu'un tiers de son temps..." commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM, dont la pétition contre le chalutage profond atteint des records historiques avec près de 860 000 signataires à l'heure actuelle.

"En s'opposant à l'interdiction du chalutage profond en Europe, le gouvernement français défend une pratique de pêche qui capture des espèces menacées d'extinction. Ce n'est pas seulement politiquement mais éthiquement intenable. La France doit réviser sa position, elle n'a plus le choix" conclut Philippe Germa, directeur général du WWF.

Source : WWF, Le Monde, WikiPédia
Informations : Bloom Association, Ifremer, OCEANA
Photo : " Mountain of dogfish " par John Wallace, NOAA/NMFS/NWFSC/FRAMD — Sous licence Public domain via Wikimedia Commons
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